Taubira contre Le Pen

Publié le par Ripostes à France 5

L’autre jour, Jean-Marie Le Pen était confronté à Christiane Taubira sur le plateau de Serge Moati sur France5. On se disait que le leader du Front National avait finalement beaucoup d’idées en commun avec Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Jusqu’à ce que Christiane Taubira nous rappelle, comme une évidence, pourquoi il faisait bon préférer la démocratie et le règne du droit, dont on sent avec une pointe d’affolement qu’ils sont bien étrangers au langage du “frontiste”. Extrait du dialogue.

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« (…) [Faisons cesser] l’intérêt qu’ils ont à venir travailler, puisqu’ils savent qu’ils gagneront leur vie sans travailler -parce qu’il n’y pas de travail - Ces gens ne viendront pas chez nous s’ils n’ont pas les intérêts sociaux que nous leur fournissons … »

- [L’immigration zéro] est un non-sens. Nous sommes dans une démocratie qui définit les choses. La démocratie ce n’est pas d’endoctriner et d’exciter les gens, de dire voilà : « La majorité veut cela ! ». La démocratie, c’est le règne du droit. Nous sommes dans un pays de droit et dans le droit on définit les choses.

L’immigré, c’est une catégorie juridique. Cette catégorie juridique est mesurée. Il y en a 8,1% en France, dont le tiers vient d’Europe. Un peu moins d’un tiers vient du Maghreb. 17% viennent d’Afrique Subsaharienne et une dizaine de pourcent vient d’Asie. Dans ces immigrés (un total estimé par la mesure officielle, l’INSEE, à 4,9 millions de personnes) 3 millions à peu près sont de nationalité française par naturalisation ou par mariage. On peut s’exciter sur l’immigration zéro, mais moi je ne peux pas perdre de temps sur des approches insensées.

Lorsque dans un pays, au lieu de s’exprimer contre l’autre, simplement différent, on dit : il y a des réalités économiques et sociales et comment réglemente-t-on ces réalités économiques et sociales, les gens peuvent travailler et contribuer à l’économie. (…)

- J’aurais souhaité demandé à Madame Taubira : est-ce qu’elle n’est pas la député de Guyane, c’est –à-dire du département français où l’immigration sauvage atteint des niveaux castastrophiques de l’ordre de plus de 20%? Autrement dit, il faudrait peut-être régler le problème dans son département avant de le régler chez nous!

- Je suis ravie que les choses s’établissent très clairement. M. Le Pen me fait savoir que je ne suis pas chez moi aujourd’hui: “il faudrait peut-être régler le problème dans son département avant de le régler chez nous”.

Les mots savent de nous plus que nous n’en savons de nous-même (R. Char)
Les noirs sont plus disposés pour la course et les blancs pour la natation (J.-M. Le Pen, sur France5 le même jour)

Publié par le blog "Politique Café" Merci à eux !

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gac 27/02/2007 11:41

Bonjour, j'ai lu votre article sur Le Pen et il est très juste. Je pense qu'il ne doit pas être candidat à la présidentielle et cela n'est pas contraire avec la défense de la République .Mes arguments à http://combats.over-blog.com/

ROLLAND Christophe 25/01/2007 10:26

Chers Stéphane et cher Homo Politicus Interpolus,
C'est avec plaisir que j'ai pu découvrir vos réactions pacifiques aux différents commentaires échangés. Et je suis désolé si le terme "Taubirien" vous a irrités! Je pense être malgré tout suffisemment intelligent pour passer régulièrement écouter des idées que je ne partage pas forçément, notemment celles de Madame TAUBIRA. Nous pouvons donc discuter en paix...
Le fait est que d'analyser "le besoin national actuel de stopper l'immigration" comme une "peur animale" ne rend compte que d'une moitié de la réalité. Si des gens le vivent basiquement ainsi, beaucoup d'autres ont par contre compris que cette immigration massive n'est plus une chance pour le pays mais un fardeau. Pas parceque l'on fait "la chasse aux gens" et qu'ils ne peuvent pas travailler, mais parcequ'il y a déjà un problème de chômage avec les Français, alors on donne à des miséreux du tiers-monde les sales boulots en se disant qu'ils accepteront, eux, de faire ce travail pour une poignée de cerises. J'en ai vu beaucoup dans l'hôtellerie dans laquelle je travaille!
Je regrette profondément que Madame TAUBIRA ne se soit pas expliquée quant à la Guyanne (comme elle le promit dans l'émission à un moment) dans laquelle l'immigration clandestine créé une pression démographique croissante inutile et des situations de misère accrue. Je déplore également qu'elle ai joué sur les mots de Le PEN quand il lui a dit de régler le problème "dans son département avant de le régler chez nous", c'était un raccourci de langage du fait que la Guyane et la France sont deux continents physiquement séparés, et son détournement de propos m'a choqué...
Les adversaires de Le PEN, en général, jouent la carte de la diabolisation et de la diffamation, en ressortant telle ou telle histoire, souvent incorrecte ou totalement sortie de son contexte. (le marocain jeté dans la Seine, les hooligans fous criant Le PEN Président, etc...) En revanche, j'ai souvent entendu Le PEN envoyer des accusations concrètes et surtout VERIFIABLES à tous ses opposants, sur des affaires de corruption, ou des mesures politiques prises en contradiction des propos tenus, des résultats catstrophiques, etc...
Pour finir, au delà des opinions politiques je voie une franchise chez Le PEN que je ne trouve pas ou peu chez les autres personnages politiques. Il est le seul à parler du peuple en priorité, encore et toujours... Les mots et le droit sont importants comme le dit très justement Madame TAUBIRA, mais n'oublions pas que ces modes de fonctionnement humain comportent des imprécisions, inhérentes aux notions propres acquises par chaque individu. Par exemple deux magistrats ne jugeront pas toujours la même affaire avec le même verdict...
Bien amicalement.

Homo Politicus Interlopus 23/01/2007 13:27

Cher Mr Rolland,Le propos de mon commentaire etait de mettre en evidence que Mme Taubira en appelait a l'intellect et non comme la plupart de ses pairs hommes politiques (dont JMLP) a l'estomac (aux tripes meme). J'ai fait reference a votre commentaire (n2) ou vous sembler lui reprocher de citer le droit et a celui de bilou (n3) ou il lui reproche de faire appel aux chiffres comme symptomatique. Le droit, les statistisques, l'histoire enfin bref ce qui demande d'utiliser ses neurones est le seul moyen de critique constructif  de la pensee de l'adversaire (pour citer Bilou car je ne pense pas qu'en considerant son interlocuteur comme un adversaire on puisse dialoguer).Si j'avais voulu vous traitez de cons, je l'aurais fait sans periphrases. Je suis desole que vous l'ayez  ressentie ainsi. Mon souhait serait que vous profitiez aussi du plaisir de connaitre le droit, le sens de mots, etc... Je sais cependant que je ne vous convaincrais pas en 10 lignes. Je termine en vous donnant raison. Je suis 'Taubirien' dans le sens ou j'essaye de ne pas faire de concessions a l'animal peureux qui sommeil en moi et,  je ne serais pas plus long, car comme elle ' je ne peux pas perdre de temps sur des approches insensées'

superaldo 23/01/2007 12:57

prison break Par superaldo :: 18/11/2006 à 9:33 qu'ouie je? qu'acoustiquè je? nos prisonniers sont mal loges? mais c'est un scandale! ouf, nos droits de l'hommistes sont intervenus a temps;des cellules dignes de figurer au Michelin seront "prevues pour effacer cette"honte";comme nous sommes deja rodes a demander pardon(les derniers exercices de genuflexions concernaient "les-crimes-horribles- de-la-colonisation")nous allons sans perdre de temps nous reprosterner devant nos "humanistes" de service et leurs protégés. mea culpa ;il parait que des familles de victimes se seraient indignees? quel toupet !c'est pourtant de leur faute si leurs agresseurs sont en prison . on l'a echappé belle:sans la Moldavie on avait la cuillère de bois . Les criminels ont droit aux "droits de l'homme" ,les victimes ont droit .....de se taire

stephane 22/01/2007 03:18

Bonjour Christophe, je viens de lire l\\\'échange de commentaires précédents. Effectivement, la formule est à l\\\'emporte pièce, et la critique rejetée avec force. Cependant, ton commentaire n\\\'était pas beaucoup plus nuancé, si je puis me permettre. Le "vous ne méritez pas mieux...", pas très encourageant.On peut estimer que Christiane se soit "planté", que la manière de faire passer ce à quoi elle croit est maladroite, ou incompréhensible, on peut le dire sans hargne. Nous sommes dans ce débat, pro "Taubiriens" comme tu dis, ou "anti", avant tout et surtout, dans le débat d\\\'idée. Tes idées valent les miennes, et inversement.S\\\'agissant de Christiane (je serai plutôt "pro"), je crois qu\\\'elle a bien agit face à M. Le Pen. Sans doute n\\\'a-t-elle pas rallié à elle l\\\'ensemble de ceux qui sont convaincus que le FN peut apporter des solutions à quoi que ce soit. Je ne pense pas qu\\\'il y ait lieu de le tenter.Celles et ceux qui voient dans la parole de JM Le Pen ou de sa fille une esquisse de solution ne pourront partager nos propres vues ou ambitions, réflexions ou à-priori, sur la simple foi d\\\'un débat. Il me semble qu\\\'en s\\\'opposant à M. Le Pen, en responsabilité, sans électoralisme, en réaffirmant simplement nos propres convictions, nos propres ambitions, nous pourrons faire un travail plus utile, incitant chacun à la réflexion.Coincer Jean-Marie sur ses tendances profondes xénophobes ne peut être salué que dans la perspective où l\\\'on se rassure, genre "vous voyez qu\\\'il l\\\'est bien", "on vous l\\\'avez bien dit qu\\\'il l\\\'était". Mais c\\\'est assez puéril. Il y a, dans l\\\'intégralité du débat, avec Christiane, des questions de fond qui me semble plus intéressantes, et qui nous amène des éléments de réflexions moins vaines.Mais bon...  Il nous reste à tous encore beaucoup à faire pour prétendre, j\\\'estime, à une cohérence et une force d\\\'engagement qui soit à la mesure de celle de Christiane. Au boulot !