MALADRESSES SOCIALISTES

Publié le par Bernard Castagnede

par Bernard Catagnede, porte parole du PRG 


16 juillet – Pierre MOSCOVICI demande que le PRG et le MRC renoncent à présenter un candidat à l'élection présidentielle de 2007, en cas d'accord sur les législatives avec le PS. "Cela n'aurait pas de sens" de "donner des circonscriptions à des gens qui par ailleurs nous prendraient des voix" lors de l'élection présidentielle, ajoute l'ancien ministre.

Le propos est deux fois maladroit.

Il l'est d'abord, quand il émane d'un responsable politique qui a fortement poussé à la réforme du mode d'élection des représentants français au Parlement Européen. Or, celle-ci, par la suppression de la représentation proportionnelle dans le cadre d'une circonscription nationale unique, a privé des formations de taille moyenne, telle que le PRG, de la possibilité de participer pleinement, à la faveur des européennes, à un grand débat politique national. Seule subsiste depuis lors une opportunité comparable : c'est l'élection présidentielle. Renoncer à y figurer, d'une manière ou d'une autre, représente alors, pour un parti politique, un risque existentiel dont Pierre MOSCOVICI ne devrait pas s'étonner.

L'ancien ministre des affaires européennes n'est pas plus habile lorsqu'il éclaire la démarche de négociation électorale du PS d'un réalisme politique qui n'est guère de nature à réconcilier les Français avec leurs élus. Le PS ne « donnerait » donc des circonscriptions à d'autres qu'à la seule fin de les empêcher d'agir par ailleurs. La belle politique que celle dont l'exclusive finalité serait la garantie de quelques sièges, dont les émoluments qui vont avec devraient, sans doute, assurer la passivité des bénéficiaires !

16 juillet - François Hollande appelle le Parti radical de gauche (PRG) et le Mouvement républicain et citoyen (MRC) à ne pas présenter de candidats à la présidentielle de 2007 et de soutenir celui du PS, afin d'éviter la réédition de la présidentielle de 2002. "Il y a des candidatures qui sont légitimes et d'autres qui ne sont pas nécessaires", a-t-il ajouté.

François Hollande ne peut être blamé de chercher à éviter un nouveau 2002.
Et c'est bien une lourde question, aller ou non à la présidentielle sous ses propres couleurs, que le PRG devra trancher lors de son Congrès extraordinaire d'octobre.

Pour autant, le premier secrétaire du Parti socialiste a tort de placer le débat sur le terrain de la légitimité des candidatures.

Quels peuvent être, en effet, les fondements de la légitimité d'une candidature à l'élection présidentielle ?

Il peut d'abord s'agir de la défense d'un programme politique qui, par sa clarté, son engagement, serait de nature à mobiliser une large fraction de l'opinion. Mais le programme du PS n'est à cet égard guère convaincant. Tiraillé entre des inflexions gauchistes et des orientations moins irréalistes, il est tout sauf cohérent, et emporte si peu la conviction des leaders socialistes eux-mêmes que chacun de ceux qui se sont déjà situés en posture de candidat se montre surtout empressé de s'en démarquer.

Il peut ensuite s'agir de l'envergure personnelle d'une personnalité, qui, par ses talents et la force de ses engagements, aurait sans conteste vocation à répondre aux attentes d'un grand nombre d'électrices et d'électeurs. Le parti socialiste ne manque pas de talents. Mais si indiscutables soient-ils, peut-on les considérer supérieurs à ceux que l'on peut trouver dans d'autres partis de gauche ?

Ne subsiste en fait, pour établir la légitimité d'une candidature socialiste à la présidence de la République, et l'inutilité d'un certain nombre d'autres, que l'argument de la taille, ou de la densité, bref du rapport de force. Le candidat socialiste est plus légitime parce que le PS est plus volumineux que ses partenaires ; il en résulte d'ailleurs qu'il recèle davantage d'aspirants au pouvoir suprême. C'est tout de même, si l'on ose dire, un argument à lui seul un peu mince, surtout si l'on a encore en mémoire, l'épisode n'est pas si ancien, la vanité d'un critère qui n'assure pas même à celui qui s'en prévaut sa présence au second tour de l'élection.

7 août 2006 – François Hollande demande aux élus socialistes de réserver leur parrainage présidentiel au seul candidat de leur parti.

On est surpris par la démarche, en ce qu'elle est d'abord un aveu de faiblesse de la part d'un parti affirmant d'emblée sa crainte de n'être pas, sur la seule valeur de son candidat et de son programme, en mesure de figurer au second tour de la présidentielle.

Elle n'est pas ensuite la marque de la confiance indispensable au rassemblement des formations de la gauche de gouvernement. Le pré positionnement « isolationniste » n'est pas la meilleure manière d'associer les partenaires à une démarche commune de nature à favoriser la plus large unité possible.

Elle néglige enfin les exigences du second tour, celui de la présidentielle, comme celui d'autres élections. Le parti socialiste, à lui seul, n'est pas en mesure de rassembler une majorité d'électeurs. Mieux vaudra, en conséquence, que les sympathisants des autres formations de gauche oublient le jeu personnel des socialistes dans la question des parrainages lorsqu'il s'agira, le cas échéant, d'assurer à un candidat, ou une candidate, issu(e) de ses rangs la mobilisation confiante indispensable à la victoire finale.
 

Publié dans libre opinion

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Vincedu35 17/08/2006 00:53

Je reviendrai lire.La beauté est notre alliée.  La poésie est un chemin. La sagesse ? Si elle pouvait être le moteur de ce monde ici et ailleurs... Moins de conneriesssss !!  Et la poésie de la vie  Partage photos paysages, la sagesse se découvre-t-elle au fond d'un regard, dans la strie d'une vieille pierre???  Je le pense en regardant certaines photos, certains portraits, certaines pierres anciennes...  Et la poésie est présente ...Viens voir. PARTAGES PHOTOS PAYSAGES AVIS SOCIETE SPORT EDUCATION coups de gueule --- Dernier sujet: N. SARKOZY LE TABAC ET LA DROGUE